Il y a un gamin qui n'était pas doué.
Neuf ans, et déjà en équipe A. Pas grâce au talent — il n'en a pas plus que les autres. Mais il est toujours là. Le mercredi au club, le samedi au club, et le reste du temps en bas, dans la rue, avec les copains qui seront ses coéquipiers le dimanche.
C'est peut-être ça, le premier secret : arriver sur un terrain entouré de gens avec qui on joue depuis toujours.
Et puis il y a eu ce 12 juillet 1998. La France championne du monde, les rues pleines, les klaxons jusqu'à pas d'heure. Pour toute une génération, c'est ce soir-là que le foot est devenu sérieux.
Personne ne lui a dit quoi travailler.
Chez lui, c'est l'école d'abord. Le foot, c'est un loisir. Une autre époque, une autre façon de voir les choses — il n'en veut à personne.
Mais il n'y a jamais eu quelqu'un au bord du terrain pour lui dire ce qu'il fallait corriger. Personne pour lui expliquer qu'un appui se travaille, qu'une frappe se répète, que la récupération compte autant que l'effort.
Il pense encore aujourd'hui qu'avec ça, il serait allé plus haut.
Alors il a fait avec les heures.
Onze saisons dans le même club, à Créteil. Un club de dimanche matin : des anciens, quelques jeunes, du foot à l'ancienne, une ambiance de famille. Une montée, puis une autre, puis une autre, jusqu'en R1.
Numéro 10. Vif. Technique. Décisif.
Puis il a tenté le truc qu'il n'avait jamais osé.
Trente ans. Une vingtaine de candidatures envoyées à des clubs australiens avant même de prendre l'avion. Deux réponses positives. Une signature : quatrième division australienne, payé pour jouer.
Une saison entière à l'autre bout du monde. Et cette découverte : c'est à trente ans qu'il s'est senti au sommet de ses moyens. Pas grâce au don. Grâce à tout ce qu'il avait accumulé.
Retour en France, numéro 10 récupéré, but dès le premier match.
Aujourd'hui, il joue encore.
À sept, entre amis. L'explosivité est partie — c'est le jeu. La vista, non.
Trente ans de terrains derrière lui, et toujours la même certitude : ce ne sont pas les dons qui font les joueurs, ce sont les heures. Et les bons conseils au bon moment.
Mon Petit Foot est né de là.
De ce gamin qui n'était pas doué et qui a compris que les heures comptent plus que le don. Et surtout de ce qui lui a manqué : quelqu'un pour lui dire quoi faire de ces heures.
C'est pour ça qu'ici, il y a deux choses.
- Du matériel choisi par quelqu'un qui a joué. Trente ans de crampons et de maillots, ça apprend ce qui tient et ce qui lâche, ce qui sert vraiment et ce qui finit au fond du sac.
- Mon Petit Pro. Des exercices expliqués simplement, pour que n'importe quel parent puisse accompagner son enfant — même sans avoir jamais touché un ballon.
Parce que des gamins comme lui, il y en a dans toutes les cours d'école et sur tous les terrains. Et qu'un peu de soutien, ça change une trajectoire.